Infrastructures et sécurité : quand nos routes défient la mobilité !
La qualité des infrastructures routières en France reste un enjeu majeur pour la sécurité des usagers. Le rapport 2025 de l’Observatoire National de la Route (ONR) révèle un tableau contrasté : des efforts d’entretien et d’investissement sont visibles, mais des fragilités subsistent notamment dans les routes départementales et les zones rurales.
Entre manque d’entretien ponctuel et défis liés au changement climatique, les routes françaises continuent d’exposer les conducteurs à des risques parfois invisibles mais réels.
Des investissements contrastés : des progrès réels, mais inégalement répartis
Le rapport publié en décembre dernier par l’IDRRIM (Institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité), dresse l’état des lieux des dépenses consacrées à l’entretien des infrastructures routières non concédées en France et met en lumière les fortes disparités entre les gestionnaires et les territoires. En effet, si l’État a mobilisé des moyens importants pour la rénovation et le fonctionnement du réseau, ces efforts ne se retrouvent pas de manière homogène.
Sur les 41 départements ayant répondu à l’enquête, les dépenses d’investissement, hors grands travaux, ont atteint près de 1,3 milliard d’euros. De son côté, l’État a engagé près de 632 millions d’euros en investissement et 337 millions d’euros en dépenses de fonctionnement hors personnel.
Ces montants traduisent une mobilisation financière réelle, mais s’inscrivent dans un contexte budgétaire tendu. Le rapport souligne en effet que les départements ont réduit leurs investissements pour la première fois depuis 2016, sous l’effet de contraintes financières croissantes et d’une gestion patrimoniale plus complexe. Cette dynamique crée donc un paradoxe : alors que l’entretien des routes est reconnu comme un levier essentiel pour la mobilité sûre et durable, les moyens investis sur les routes secondaires sont les plus limités et en particulier sur les routes départementales qui concentrent pourtant une large part des déplacements quotidiens.
Changement climatique : un facteur d’usure accru des routes
Le rapport révèle une première, celle de l’intégration systématique des aléas climatiques dans l’évaluation de l’état des infrastructures. Sur les 65 départements et 4 métropoles ayant participé à l’enquête, 46 gestionnaires ont fourni des données sur les impacts du climat sur leurs réseaux. Si cette avancée traduit une prise de conscience réelle, la participation reste partielle et montre que l’intégration du risque climatique dans la gestion des infrastructures demeure encore insuffisamment généralisée.
Les phénomènes climatiques comme les fortes chaleurs, les cycles de gel et de dégel etc., accélèrent la dégradation des chaussées et des ouvrages d’art et nous savons que ces variations augmentent les risques d’affaissements ou de déformations affectant ainsi la sécurité des usagers. Une chaussée fragilisée peut entraîner une moindre lisibilité de la trajectoire ou encore des réactions inattendues du véhicule, surtout pour les deux-roues et les cyclistes qui restent parmi les usagers les plus vulnérables.
Certes, cette prise de conscience est encore récente, mais elle place la résilience climatique des infrastructures au cœur des préoccupations techniques et financières. Intégrer ces dimensions dans la gestion quotidienne des routes devient indispensable afin d’anticiper les dégradations et éviter que des conditions météorologiques extrêmes ne deviennent synonymes de zones dangereuses pour les conducteurs.
Sécurité routière : un lien direct avec la qualité des routes
Selon la Sécurité Routière, l’état des infrastructures influe directement sur la survenue d’accidents graves. Les chaussées détériorées augmentent également les risques pour les véhicules légers, notamment concernant les sorties de route. De plus, l’entretien des infrastructures n’est pas un sujet isolé, il a des répercussions directes sur la sécurité routière. Les derniers baromètres mensuels de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) attestent que la mortalité sur les routes demeure préoccupante en 2025. En octobre 2025, ils sont encore 276 à avoir perdu la vie sur les routes de France métropolitaine, malgré une légère baisse par rapport à l’année précédente.
Enfin, le rapport affirme que la sécurité sur nos routes ne dépend pas uniquement du comportement des conducteurs, mais que l’entretien régulier, la modernisation des infrastructures et l’adaptation aux conditions climatiques extrêmes sont autant de facteurs qui contribuent à réduire les accidents. Une route bien entretenue et résistante aux aléas climatiques permet d’améliorer nettement la fluidité du trafic et de rendre la conduite plus sûre pour tous, des automobilistes, aux cyclistes en passant par les piétons !
Parce que la sécurité routière commence aussi par des infrastructures bien entretenues.

