Routes départementales : un réseau sous pression

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Routes départementales : un réseau sous pression

Essentielles aux déplacements du quotidien, les routes départementales constituent la majeure partie du réseau routier français. Pourtant, le rapport 2025 de l’Observatoire national de la route (ONR), piloté par l’IDRRIM (Institut des routes, des rues et des infrastructures pour la mobilité), met en lumière une fragilisation progressive de ce patrimoine confronté à des investissements en recul et à des contraintes croissantes.

Une architecture essentielle mais fragile

Les routes départementales constituent un réseau clé de la mobilité quotidienne dans l’hexagone France et représentent une part majeure du réseau secondaire, soit près de 382 400 km sur un réseau routier total qui dépasse le million de kilomètres et qui sont utilisées chaque jour pour les trajets domicile-travail ou l’accès aux services publics.

Pourtant, malgré leur rôle structurant, l’entretien de ces routes reste fragile. En effet, le rapport révèle que les dépenses d’importantes réparations par kilomètre sur le réseau départemental sont nettement inférieures à celles du réseau national non concédé exploité par l’État, jusqu’à neuf fois moins pour la voirie et treize fois moins pour les ouvrages d’art.

Autrement dit, pour chaque euro investi par l’État dans une route nationale, l’effort financier sur les routes départementales est souvent bien moindre, malgré l’importance de leur trafic local.

Baisse des investissements : une première depuis près d’une décennie

Autre signe préoccupant notable, en 2024, l’ONR met en lumière une baisse des investissements des départements dans leurs réseaux, une première depuis 2016. Cette diminution, de l’ordre de -9 % en moyenne, touche aussi bien les grands départements (-5 %) que ceux moyennement peuplés (-8 % à -14 %), les plus petits étant les seuls à maintenir un niveau légèrement positif (+1,6 %).

Cette tendance s’explique avant tout par un contexte budgétaire tendu pour les collectivités locales contraints d’arbitrer entre les priorités : services sociaux, éducatifs ou transports scolaires, par exemple, tout en faisant face à une inflation persistante des coûts des matériaux et des travaux.

Des routes plus vulnérables… et des usagers menacés

Le rapport insiste également sur le fait que, malgré des efforts d’entretien réalisés ces dernières années, une part significative du réseau départemental accuse une dégradation progressive. Selon certaines estimations associées à l’enquête, près de 13 % du réseau départemental est en mauvais état et près de 27 % nécessitent un entretien régulier, des proportions assez proches de celles observées sur le réseau national non concédé.

Cette dégradation n’est pas sans conséquence pour la sécurité routière. Sur des chaussées altérées, les risques de perte d’adhérence, de sorties de route ou de réactions imprévues du véhicule augmentent, particulièrement pour les deux-roues et les cyclistes qui sont plus sensibles à l’état du revêtement. Cela se traduit par une plus grande exposition aux situations dangereuses, notamment sur les axes départementaux hors agglomération, où la vitesse est souvent élevée et la signalisation moins continue.

Parallèlement, les besoins de modernisation de ce réseau sont souvent évoqués comme un enjeu majeur par les collectivités qui pointent du doigt l’absence de solutions de financement à court terme pour faire face à l’entretien et à la modernisation des infrastructures vieillissantes.

Parce que la sécurité sur les routes du quotidien ne devrait jamais être une option.

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