Le vélo, éloge de la lenteur
et de la vulnérabilité
Pourquoi avoir voulu parler de ce sujet aujourd’hui ?
Parce qu’en circulant à vélo, on ressent très concrètement ce que signifie être vulnérable dans l’espace public. On prend conscience de rapports de force qui passent souvent inaperçus lorsqu’on est protégé dans une voiture.
À vélo, il m’arrive régulièrement d’avoir le sentiment de ne pas être considérée. Sur certains carrefours, même lorsque j’ai la priorité, des automobilistes poursuivent leur trajectoire sans ralentir. Si j’étais au volant d’une voiture, ils s’arrêteraient probablement. Mais un cycliste semble parfois “compter moins”. Et pourtant, c’est précisément parce qu’il est plus vulnérable qu’il devrait bénéficier de davantage d’attention. Cette vulnérabilité est bien prouvée, en France, plus de 235 cyclistes ont perdu la vie sur les routes en 2025 et plusieurs milliers ont été gravement blessés.
Que nous apprend cette situation sur nos comportements ?
Cela révèle souvent une logique implicite, le plus fort impose son rythme. En tant que cycliste, si je veux rester en sécurité, je dois parfois renoncer à ma priorité, anticiper davantage, être deux fois plus vigilante. La voiture possède la vitesse et l’espace. Elle devient naturellement dominante dans l’usage de la route.
C’est un paradoxe intéressant, le vélo prend moins de place, il ne pollue quasiment pas, il réduit les nuisances, et pourtant, c’est souvent lui qu’on considère comme “gênant”. Cette perception en dit long sur notre rapport à la vitesse et à la performance…
Vous évoquez aussi la question de la vitesse et de l’impatience…
Oui, et c’est probablement le point le plus révélateur de notre société actuelle.
À vélo, je suis très souvent doublée dans des conditions dangereuses dont la ligne continue, les virages, les routes étroites… Comme si ralentir quelques secondes derrière un cycliste était devenu insupportable. Le plus frappant, c’est que je retrouve souvent ces mêmes voitures 100 mètres plus loin, arrêtées au feu rouge, pendant que je rejoins tranquillement le sas vélo.
Alors la question mérite d’être posée, vingt secondes gagnées justifient-elles de mettre des vies en danger ? Derrière de nombreuses prises de risque se cache souvent une illusion de gain de temps. Or, dans les faits, ce bénéfice est généralement minime.
Quel message souhaitez-vous faire passer à travers cette prise de parole ?
Nous vivons dans une société qui valorise la rapidité et la productivité. Sur la route, cela se traduit par des comportements d’impatience et parfois d’agressivité. On sait par exemple que la vitesse excessive ou inadaptée est impliquée dans près de 30 % des accidents mortels en France, ce qui n’est pas anodin.
Le vélo rappelle pourtant quelque chose d’essentiel, que prendre son temps n’est pas une faiblesse. Protéger les plus vulnérables devrait être un réflexe collectif car la sécurité routière ne repose pas uniquement sur des règles ou des infrastructures, elle repose également sur notre capacité à accepter de partager l’espace et de considérer l’autre. Une route sûre est avant tout une route où chacun adapte son comportement à la vulnérabilité de l’autre.
Récemment, vous avez fait référence à la pyramide de Bird. En quoi ce modèle permet-il de mieux comprendre le risque ?
Effectivement, j’ai évoqué la pyramide de Bird lors de notre dernière conférence au Salon des maires et des collectivités locales.
L’idée est simple mais puissante. Avant un accident grave, il existe une multitude de situations à risques et de comportements dangereux. Une fois que l’on entre dans cette zone de danger, la gravité des conséquences devient imprévisible. La vraie prévention consiste donc à agir avant l’accident.
Cela passe d’abord par la sensibilisation et la formation, mais aussi par des aménagements adaptés. Enfin, il ne faut pas négliger l’effet de certains mécanismes de dissuasion, comme les radars de vitesse, qui contribuent à réduire les prises de risque. Depuis leur déploiement, les radars ont contribué à une baisse moyenne de 66 % des accidents mortels à proximité des zones équipées, selon la Sécurité Routière.
En effet, beaucoup d’infractions ne viennent pas d’une volonté de nuire mais plutôt d’un arbitrage rapide : gagner une minute, penser que “ça passe”, croire que le risque concerne surtout les autres… C’est aussi pour cela que certains dispositifs comme les radars fonctionnent, ils créent une conséquence visible et systématique.
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Le rapport révèle une première, celle de l’intégration systématique des aléas climatiques dans l’évaluation de l’état des infrastructures. Sur les 65 départements et 4 métropoles ayant participé à l’enquête, 46 gestionnaires ont fourni des données sur les impacts du climat sur leurs réseaux. Si cette avancée traduit une prise de conscience réelle, la participation reste partielle et montre que l’intégration du risque climatique dans la gestion des infrastructures demeure encore insuffisamment généralisée.
Nos solutions, le COMPAS et le NOMAD, permettent de mesurer et contrôler la vitesse avec précision, de détecter automatiquement plusieurs types d’infractions, le non-respect des priorités ou les franchissements dangereux et de surveiller en continu des zones. Elles fournissent également des données exploitables, permettant aux collectivités d’orienter leurs décisions et de renforcer efficacement la sécurité routière. Conçues pour être facilement déployées et adaptées à tous types de territoires, nos solutions offrent aux élus des solutions concrètes pour sécuriser rapidement leurs routes.